Monsieur le Ministre, nos aînés ne sont pas des colonnes de chiffres

À l’attention de la Ministre responsable des Aînés et des Délégués à la Santé,

Le 19 février 2026 restera comme un cri d’alarme de trop. Le constat du Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA) est sans appel : le modèle des RPA est « les deux pieds dans la crise ». Pendant que les rapports s’empilent sur vos bureaux, le terrain, lui, s’écroule.

Depuis 2018, 700 résidences ont fermé leurs portes. 700 milieux de vie disparus. 700 entrepreneurs qui ont jeté l’éponge, épuisés de devoir choisir entre la dignité des soins et la faillite financière.

L’hypocrisie du système

Monsieur le Ministre, vous comptez sur le secteur privé pour pallier les lacunes béantes du réseau public. Vous comptez sur nos infrastructures, notre personnel et notre dévouement pour loger et soigner les bâtisseurs du Québec. Pourtant, le dernier sondage RQRA-Léger confirme l’insupportable : le soutien financier public est devenu une insulte à la réalité des coûts d’exploitation.

Comment justifier qu’on demande à un petit exploitant de fournir des soins de santé de plus en plus complexes alors que sa marge de manœuvre est asphyxiée par l’inflation et les normes gouvernementales toujours plus lourdes ?

Une rentabilité… humaine avant tout

On nous parle souvent de « rentabilité » comme d’un gros mot. Mais la rentabilité dans une RPA, c’est ce qui permet de payer une infirmière à sa juste valeur, d’offrir des repas nutritifs et de maintenir un bâtiment sécuritaire. Sans rentabilité, il n’y a pas de services. Sans services, il ne reste que le déracinement pour nos aînés.

Nous vous demandons aujourd’hui :

  • Un ajustement immédiat du financement : Les subventions et crédits d’impôt doivent refléter la réalité des coûts de 2026, pas celle d’il y a dix ans.
  • Un moratoire sur la bureaucratie : Laissez les exploitants s’occuper de leurs résidents plutôt que de remplir des formulaires qui ne soignent personne.
  • Un réel partenariat : Cessez de voir les RPA comme des prestataires de services à rabais, mais traitez-les comme des partenaires essentiels du continuum de soins.

Le choix vous appartient

Chaque fermeture est un échec collectif. Chaque résidence qui disparaît rapproche le réseau public d’un point de rupture irréversible. Nos aînés méritent mieux que l’incertitude de savoir si leur toit existera encore l’an prochain.

Monsieur le Ministre, il est temps de sortir « les deux pieds de la crise » pour marcher vers une solution durable. L’heure n’est plus aux sondages, elle est à l’action.

Alain St-Jean pour RPaaVendre.com

Au nom des propriétaires, des exploitants et des bâtisseurs du Québec.